Dans la tête d’un président d’association 24h/24
Quand on approche de la soixantaine, l’âge où la mort rôde - j’ai 56 ans - la question devient récurrente, pour ne pas dire brutale : vaut-il encore la peine de se défoncer comme une bête pour sauver le monde ?
Ajoutons pour ceux qu’ont pas zappé après ces trois lignes, que je continue de travailler dur en attendant une retraite que je m’apprête à découvrir aussi épaisse qu’un sandwich SNCF, bref, qu’à l’approche de la mort en question, désireux de donner un sens à ma vie, - je sais ! y’a mieux, d’accord ! - je porte à bout de bras depuis une quinzaine d’années une association dite caritative qui souhaite rendre les hommes meilleurs, (oui ! oui !) dans ce monde à la fois merveilleux et surprenant où je continue de penser que des familles fonctionnant bien (je fais court) peuvent tendre la main, l’espace d’un instant, à des familles en difficulté. (En situation de grande précarité comme on dit dans les dossiers de subventions épuisants qu’on fait parvenir à des organismes pour avoir des sous).
En 15 années donc, j’ai créé pas mal d’emplois pour animer ces associations – des emplois dits subventionnés, supprimés récemment d’un trait de plume par notre nouveau chef de clan, - ça coûte trop cher a-t-il tranché – chef qui vient de s’imposer chez les hominidés de ce pays. Mais pourquoi d’un coup j’évoque les premiers hommes ? D’abord, c’est là que tout a commencé ; ensuite, la sensibilité au pouvoir - c’est comme ça que ça s’appelle depuis la nuit des temps - a vu le jour ( oui ! ) au moment où nous attaquons cette histoire. Avec Lucy dans le rôle principal. Non, Lucy n’est pas ma copine, encore moins une héroïne d’une chanson de Pascal Obispo. Oui, Lucy est notre grand-mère à tous. Les détails sont plus loin. Et si vous êtes toujours là, en voici un résumé :Suite à un gros séisme en Afrique, il y a 4 millions d’années, la montée des hauts plateaux dans la vallée du RIFT a créé la savane d’un coté et bloqué les pluies de l’autre. Pour faire court, ceux qu’étaient du mauvais côté - pas de pluie et déjà pas de bol, - se sont collés au boulot en marchant, alors que les autres, les doigts de pied en éventail, ont poursuivi leur vie pépère dans les arbres. |
La Gauche et la Droite étaient nées. Le reste, ce sont des aménagements.
Vous ne me croyez pas ?
Allez, on y va ?... Et tant pis si vous me trouvez aussi gonflé qu’un poids chiche qui a trempé huit jours. Voici maintenant la véridique histoire très bonne et très joyeuse de Gary Généreux (ça ne s’invente pas, c’est le nom de ma mère) qu’a eu un jour la folle idée de se préoccuper des autres en créant l’association dixiemefamille.com
Quelques moments de bonheur : parfois, on touche au but, on croit vraiment sauver le monde, enfin un p’tit bout ? Parfois encore, tant de rejets, d’indifférence calculée, deux pas en avant et puis trois en arrière et quelques baffes en prime. Ces mêmes humains qu’on voudrait aimer et qu’on a envie si souvent d’envoyer au diable… D’où viennent-ils ces râleurs d’adhérents, jamais contents, ronchons impénitents, braillards coléreux, exclusifs excessifs, toujours grognons, un brin arrogants, certes pas dénués de cœur, mais en un mot comme en cent, totalement ingérables ? Eux et moi valons nous la débauche d’une telle énergie ? En d’autres termes, notre destin à tous est-il scellé depuis le jour ou le premier atome de ce monde a rencontré le second ? Excès de sexe, de bouffe, de détresse, de solitude, d'abandon, de misère, de travail, de chômage, de stress, d'angoisse, de pollution, de famine, d'indifférence, de drogue, d'égoïsme ? De télé ? …
Ou alors les associations en question, – je classe les ONG à part - finiront-elles par le sauver ce monde, quand on aura intégré que les politiques sont à bout de souffle, qu’en dépit d’internet, la moitié de l’humanité fait les poubelles pour survivre, qu’un quart vit avec moins de 1 € par jour et que le reste se ruine en régime amaigrissant ?
Politique spectacle ? Humanitaire spectacle ? Education spectacle ? Monde spectacle ?
J’ai désespérément besoin de votre aide. A tous.
Vous savez quoi ? J’ai l’impression d’être un tailleur de diamant unique au monde au moment de donner son premier coup de marteau ! :)
L’observateur
Mais me direz vous - que viennent faire ici Lucy et les premiers hominidés évoqués plus haut ?
Réfléchissez ! Trois milliards depuis l’apparition de la vie. Mais seulement quatre millions d’années depuis la nôtre. A peine six mille ans d’histoire. C’est l’anthropoïde qui s’achève. L’homme commence.
Lucy, en choeur antique, nous racontera l’humanité. Et le narrateur, lui, nous contera ses déboires avec les acteurs de la société spectacle. Politiques. Chefs d’entreprises. Financiers. Fondations. PDG. Magistrats. Syndicalistes. Médecins. Journalistes. Des Psys ?... Ben j’crois ?... oui sans doute ! Notez qu’à considérer l’agitation frénétique de ces deux personnages, j’éprouve pour eux un sentiment proche de la tendresse. Tous deux si certains de savoir et pourtant si désastreusement ignorants, l’une, Lucy, dans la poursuite obsessionnelle de son évolution, l’autre, le Généreux en question, tout empêtré dans sa propre dérision… Bon ! Restons vigilants. Les méchants ne sont pas ceux qu’on croit, les gentils n’ont pas forcément une bonne bouille et les niais des têtes de crétins. Quant à repérer les personnages nominés parmi tous ceux qui jouent à l’être, ça me rappelle la mission de l’historien : faire surgir du chaos un désordre encore plus conséquent. On a deviné bien entendu qui je suis. Merlin, Chronos ou Alfred, peu importe. Guère encombrant, je me contenterai de quelques apparitions. Cependant - et je me répète - ne se fier à quiconque. Comme dans la vie, tout le monde ment, trompe, feint, abuse et mystifie. Il était une fois…
Lucy l'Innée. Bonjour! Je m'appelle Lucy et j'ai quatre millions d'années.
Il y en a même qui ont dit que j'étais un homme !
Pourquoi pas transexuel au Bois de Boulogne ?
Je suis née en Afrique, et d'après Yves Coppens, un grand pro paraît-il, mes grands parents étaient des kényapithèques qui frôlaient les sept millions d'années.
Bref! Même si personne ne semble bien d'accord sur mes origines, pour beaucoup je suis le rameau, la croisée, le départ , enfin , quelque part votre grand mère de la main gauche à vous, Humanité, à qui je fais "hello!" Dites-vous bien qu'entre vous et moi, il n'y a jamais que trois milliards de gènes, c'est à dire l'ensemble du patrimoine génétique d'un individu. Et trois milliards de caractères écrits dans une langue inconnue, ça représente pas mal de bouquins. Vous! par exemple!...
Et tout ça, c'est codé, avec des informations géniales, qui se transmettent en couleurs, avec les tares ou la bosse des maths, enfin tout, quoi !...
Un album de famille très spécial. Si on parvient un jour à déchiffrer cette sorte de code barre, on pourra quasiment voyager dans le passé. ET l’avenir ! Je pourrais faire un saut, comme ça chez vous -- salut, c'est Lucy! Je passais pour l'apéro! -- histoire d'aller aux résultats, puisque sur les cent milliards d’individus qu'ont fait un tour de terre depuis ma naissance, vous serez encore une bonne quinzaine de milliards, bien entendu sauf gros pépin - en 2020.
Drôle d'addition à l'arrivée ces chromosomes baladeurs ?...
Tout le monde en a repassé au moins un à son voisin!
Et dans certains cas, c'est carrément le délit de sale gène. Comme pour l'interro à l'école, on glisse et hop!, on passe du G au H...!
HITLER, au tableau !
Et vous, GHANDI, arrêtez de vous sucer les doigts...! Allez! Je rigolais! Les étrangers, c'est pas pour dire, mais il y en a des bien ! MOZART, VINCI, EINSTEIN... Il y en a même qui écrivent des livres intelligents...
Bon ! Si je dois vous raconter l’humanité façon Best of autant commencer par le début, c’est à dire où je suis née, moi, la mère Lucy.
EAST SIDE STORY. C'est le titre de mon film. En fait, on m’a trouvée - au moins ce qu'il en restait - un jour de printemps, au bord d'un lac, où, paraît-il, je me suis noyée!... Les experts, toujours !?
Par contre, chez nous, à l'est, on commence à se préoccuper d'un impôt sécheresse, parce que ces pluies sont arrêtées par les hauts plateaux en question (halte-là la pluie!). Elles se raréfient. Plus de forêt. Bonjour la savane!
Aux orties la peau de singe et en avant les hommes!
Debout sur les papattes qu'il faut se redresser, soi-disant pour mieux apercevoir les grosses bêtes entre deux brins d'herbe.
Y en a-t-il un, là-haut ou ailleurs, qui décide que la sieste est finie et qu'il faut passer l'aspirateur?
Bref, il paraît qu'en se mettant sur nos jambes, notre cerveau vient demander à notre boite crânienne de lui faire plus de place. Allez! Pousse-toi, gros tas! pour que je me fasse plus d'intelligence!...
Ensuite, comme on est debout, et qu'on ne sait pas quoi faire de nos dix doigts, au lieu de les mettre dans notre nez, on s'en sert pour faire des armes. Et on devient chasseur.
Et on fait des outils. On devient ouvrier!
On se met à parler. Et on devient patron !...
Une voix qui tombe du ciel (disons la 2eme voix de Lucy)
J'ai pas écrit patron, j'ai écrit patronne . P.A.T.R.O.N.N.E...! T’es sourd ?... C'est moi qui l'ai vécue, cette histoire ou quoi?
Homme! Macho!.
Oui, c’est moi, Lucy, ta conscience nerveuse, alors, quitte à nous raconter, fais-le bien… Mais d’abord, comment ça a commencé pour toi ?
Lettre à Monsieur Jean-louis Borloo, Ministre de la Ville, avril 2004 La Ferme Célébrités ou comment jouer au pauvre au Val fourré (Wikipédia : Célébre émission de tele réalité de TF1 des années 2004 et 2005. Quatorze célébrités sont coupées du monde pendant dix semaines où ils séjournent dans une ferme de visan. Les célébrités reçoivent des conseils et sont aidées par un fermier de métier ainsi qu'un vétérinaire.)
Monsieur le Ministre, Au delà de la franchise de mon préambule, le président de l'association que je représente - même pas une ONG, Monsieur le Ministre, - souhaiterait vous convaincre du bien-fondé de l’objectif que nous poursuivons ici à Mantes-la-jolie, pour, à défaut d'éradiquer les problèmes en question, les atténuer à travers la mise en œuvre d’un projet d’intérêt général assez inhabituel. Bien entendu, nous ne vous apprendrons rien Monsieur le Ministre si nous vous rappelons que lorsqu’on a touché le fond, on n’a plus envie de se lever le matin, d’aller vers les autres même s’ils vous tendent la main, de réunir une famille autour d’une table, d’emmener un enfant à l’école ou de chercher un emploi quand on vous a ôté jusqu’à la ressource de crier qu’on vous exploite, puisqu’on ne veut même plus vous exploiter, bref, quand pour certains la vie tient dans deux sacs en plastique, ces innombrables (et bons) conseils ne peuvent que finir dans le trou noir du désespoir quand ils ne conduisent pas à l’autisme définitif Sauf… Sauf si un groupe de citoyens, fatigués des grandes machines venaient de se rappeler que ce sont les choses simples qui bouleversent tout. Voici notre projet. Un ensemble composé de neuf familles bien organisées (neuf familles = une quarantaine de personnes, enfants compris) vont décider d’accompagner au cas par cas chaque membre provisoirement défaillant d’une dixième famille en difficulté. Ce petit groupe très mobile va mettre en œuvre une stratégie basée sur des données simples. Dans le temps.
Dans la régularité. Avec tact. Et fermeté. A l’évidence, Dixieme famille – c’est le nom du système – ne souhaite pas se substituer aux acteurs sociaux, mais les compléter en se positionnant comme le chaînon manquant citoyen entre ces organismes spécialisés et le suivi d’une famille en panne sociale. Pour coordonner leurs démarches, arrêter une stratégie et renforcer leur légitimité solidaire, les membres des familles accompagnatrices - de milieu différent, nous y veillons, - vont largement utiliser l’Internet entre eux en faisant connaissance à travers un réseau de partage de savoirs spécifique mis à leur disposition par les organisateurs. Plus clairement, nous identifions des familles au regard de leurs compétences, nous les listons, les structurons et les mettons en relation à l’échelle départementale, voire nationale.
Si ce partage de savoirs est récurrent dans notre système, c’est qu’il nous paraît qu’à l’instar de la pure morale universelle qui n’a nul besoin du dogmatisme des religions pour exister, il correspond à une idée pérenne sur laquelle on peut asseoir un système solide. C’est le savoir davantage que la croyance qui permettra à la dixième famille de parvenir à cet objectif évident : (ré)intégrer un jour la communauté citoyenne des neuf autres.
Vous savez, en réfléchissant à l’avenir de ces petits africains rigolards jouant au ballon sur le parking de
la cité qui me tient lieu d’horizon depuis plusieurs mois, bientôt lancés dans la vie armés d’un seul kit de survie républicain délivré par des enseignants exténués, je me demande s’il ne faut pas consacrer nos dernières forces à construire ces enfants plutôt que réparer les adultes ? Sinon, ces enfants-là me semblent avoir à peu près autant de chance d’accéder un jour à un emploi responsable que n’en a un dîneur de payer son repas avec la perle qu’il va trouver dans l’huître qu’il déguste. Qui croire donc ? Edgar Morin quand il affirme : « Certes, si l’égoïsme est contagieux, la solidarité
peut l’être aussi ! » Ou ceux qui me traitent d’utopiste inconscient persistant à vouloir décrocher la lune d’une autre forme d’intégration citoyenne ? Monsieur le Ministre, aidez-moi à décrocher cette lune. Aidez-nous à trouver ce Graal, à installer cette volonté politique qui favoriserait le démarrage d’un
formidable moteur de recherche humain s’appuyant sur le réseau des réseaux et qui permettrait de valider des découvertes qui bien entendu nous crèvent les yeux mais qu’on ne voit plus. Il nous semble que le politique qui offrira aux habitants de ce pays l’occasion de se mobiliser pour un
système prenant à bras-le-corps des orientations nouvelles tout en y introduisant l’éthique et la participation citoyenne, ce politique-là aura la certitude de retrouver, à l’inverse de tant de ses confrères qui distribuent leur charme comme d’autres distribuent la soupe au pauvres, une vraie parole perdue. Monsieur le Ministre, accordez-moi un quart d’heure de votre emploi du temps surchargé, quitte à me faire
courir derrière votre voiture à défaut de m’y inviter lorsque vous vous rendez à votre mairie de Valenciennes. Je suis un excellent marathonien. Je ne vous décevrai pas. Mais sans vouloir manquer de respect à vos collaborateurs, ne me «remettez pas entre les mains de». Si je dois être exécuté, je préfère l’être maintenant, debout, au soleil, et non pas dans mon lit, en compagnie d’un ultime espoir incantatoire. Croyez, Monsieur le Ministre, à l’expression de ma très courtoise considération. Gary Généreux. (Président de l'association dixiemefamille.com) CE COURRIER N’A JAMAIS RECU DE REPONSE. Mes commentaires en juillet 2009 - A rapprocher de la création des 500 000 emplois en contrat CESU (cheque emploi universel - aide à la personne) annoncé sur 5 ans en cette même années 2005 à grand renfort médiatique par le même JL Borloo. Certains experts avancent en 2009, le chiffre atteint de … 75 000. Avec réserve. Et il s’agit davantage de petits boulots que de vrais emplois. D’autres, plus proches du pouvoir (ben voyons ! ) parlent de 150 000. Des téméraires hasardent le chiffre de 250.000. «Et moi pendant ce temps-là, au Val fourré… » Pour le même JL Borloo que je vais habiller pour l’hiver. (j’écris ces lignes en juillet 09 je rappelle),
A la UNE du « Monde » en 2009 toujours Le lecteur de ce blog appréciera les doutes.
… Oui, j’étais en train d’expliquer au macho Généreux que notre cerveau a doublé de volume en un million d’années. Mais la venue au monde s’est compliquée. Un cerveau trop développé ne peut traverser le conduit vaginal. Quelle est la réponse en terme d’évolution ? Une idée gé-nia-le : faire venir le bébé au monde plus tôt, très tôt dans son développement embryonnaire et le finir après sa sortie. Le cerveau d’un bébé humain double de volume pendant la première année. D’ou le bébé sans défense pendant un an, alors que des petits de mammifères marchent quelques minutes après leur naissance. Donc, pour compenser la taille de leurs cerveaux, les premiers humains sapiens sapiens ont dû élaborer une organisation sociale stable, permettant de s’occuper des enfants sur une durée de plusieurs années. Ce sont ces enfants au cerveau développé qui ont changé la société.
Ensuite il a fallu que les sociétés humaines développent l’éducation afin de former le cerveau de l’enfant, lequel, à part serrer et téter, ne sait quasiment rien. Le réseau éducatif, ce n’est pas seulement les parents, mais la famille, oncles, tantes, anciens de la tribu. On lui apprend la chasse, cueillette, sexe et la guerre. L’éducation des enfants est la raison d’être de la société, la chose la plus importante au monde, l’aboutissement des outils, du langage, des structures sociales que l’humanité a développée.
SIX ans après les débuts balbutiants de l’association dixiemefamille, - l’idée géniale qui allait sauver le monde ! - je retourne en arrière et la toute première image qui me vient en ce un dimanche matin de novembre 2003, est celle de Claire Marie B, notre première bénévole, institutrice à Mantes la jolie, tirant à pleins bras une charrette bourrée de meubles anciens dans une rue du Val fourré. Elle avait vidé la cave de son grand père, charrette comprise – où Diable avait-elle dégotté cet engin que le Moyen âge n’aurait pas renié ? - et aidée de François, son mécanicien tourneur de mari, leurs deux filles suivant, elle livrait ces meubles, qui ne rentraient pas dans le coffre d’une voiture, à une famille de tamouls exilés que l’association avait décidé d’aider. Ces derniers venaient d’hériter d’un appartement flambant neuf que la CAF avait fini par les trouver. Mais ils n’avaient pu récupérer les meubles de leur ancien appartement, infestés de cafards. Bref, ils dormaient, enfants compris, à même le plancher.
Cette image avait beaucoup touché notre association naissante. Retenez-la bien. Les cafards. Ils dorment par terre. Pauvres gens !
Quelques « familles-ressources » de notre premier groupe (galaxie Magellan) rejoignent le cortège. On pousse, on tire à hue et à dia, et on parvient à l’appartement en question. On se sentait un peu boy-scout pour notre première BA, à dire vrai un peu ballots !... A notre âge !
On monte les meubles, tout le monde se case, on boit le thé, on fait la bise aux enfants, tous très mignons, et on se sent le cœur plus propre ; bien net quoi !
Quoi ? Me dis-je. Si je suis capable d’entraîner des personnes aussi braves pour un acte aussi simple, avec une idée pareille, je pourrai mobiliser la France entière. Et pourquoi pas le monde ? Internet fera le reste.
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Je souris, me levai de mon banc, ouvris mon parapluie – on a beau posséder des pouvoirs magiques, on reste à la merci d’une petite averse - et la culpabilité se détacha de moi comme les pelures d’un oignon.
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Il était une fois, il y a sept millions d'années,- donc trois millions et demi avant ma naissance à moi, je rappelle - on était tous des singes, des vrais, dans une Afrique entièrement recouverte de forêts. Partout.
Maintenant suivez bien mon doigt poilu et tracez un trait sur la carte qui va de la Mer Rouge (Oui, le canal de Suez) jusqu'au Mozambique (l'autre canal!).
Cette ligne, on l'appelle RIFT VALLEY. Ou si vous préférez, La VALLEE DU RIFT en VF.Un jour où le Monsieur météo local annonce un tremblement de terre plus fort que de coutume sur sa petite échelle de Richter personnelle, la Vallée avec un grand V bascule et ses bords se relèvent, façon plateaux. Vous me suivez ?... A l'OUEST les singes continuent à jouer aux singes, genre vie arboricole avec les lianes et tout et tout; les pluies de l'Atlantique continuent d'y tomber.

Quelques millions d’années plus tard.
Un cerveau développé.
Mon fils Raphaël à 10 ans :
Pour ceux qui n’auraient pas eu le courage de lire en entier la lettre adressée à JL Borloo à la 2eme chronique, voici ce que nous faisions parvenir à la presse, depuis le Val fourré, en 2004…
L’association dixiemefamille.com met en œuvre dans toutes les régions de France, depuis 18 mois maintenant, un projet citoyen et solidaire en faveur des familles exclues.
Il s’agit de ces familles dont les revenus sont si bas que la mère n’a plus envie de se lever le matin et de réunir les enfants autour d’une table, le père de chercher un emploi quand on lui a ôté jusqu’à la ressource de crier qu’on l’exploite, puisqu’on ne veut même plus l’exploiter, bref, tous ceux dont la vie risque de basculer dans deux sacs en plastique et ou les (bons) conseils ne peuvent que finir dans le trou noir du désespoir quand ils ne conduisent pas à l’autisme définitif.
Sauf… si un groupe de citoyens, fatigués des grandes machines, venait de se rappeler que ce sont les choses simples qui bouleversent tout.
L’idée :
Neuf familles (soit une quarantaine de personnes, enfants compris) de milieux totalement différents, des familles – ressources, vont mutualiser leurs savoirs à l’aide d’Internet pour remotiver une famille en détresse sociale, une personne âgée ou encore un jeune exclu.
L’action se passe sur le terrain. Le Réseau sert surtout à l’organisation du groupe de famille
(fin du communiqué)
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Rappelez vous cette date.
7 novembre 2003
Trois mois plus tard, on débarque chez nos gentils tamouls pour voir s’il manquait encore des choses.
Ils nous reçoivent un peu gênés.
Fatalitas ! Les gentils tamouls avaient remisé nos meubles à la cave ou les avaient carrément revendus.
La raison ?
Ils manquaient d’argent ? Les pauvres ? (Notre première idée !)
Que nenni ! Ils attendaient d’autres meubles, de quelle provenance, j’ai oublié, mais ils voulaient des meubles NEUFS. On a bien lu, ils ne voulaient pas de nos meubles, - au demeurant très corrects, très propres - parce qu’ils n’étaient pas NEUFS.
Ils étaient en France et estimaient avoir des droits.
D’où l’appartement complètement re-vidé pour accueillir des meubles sortant de magasin. Tout juste s’ils ne nous ont pas précisé la marque !
Au-delà de l’image de la charrette, j’ai encore dans l’oreille, les sanglots de la pauvre Claire Marie, s’épanchant sur mon épaule et me demandant :
- A quoi on sert ?
- A pas énorme, je répondis. Mais certainement pas à attendre de la reconnaissance.
Aider les autres va nous demander plus de boulot qu’on croyait !
| « Si tu réalises, ma chère Lucy, ajoute GG qui décidément fourre son nez partout, qu’il vous a fallu quasiment 2 millions d’années pour faire passer la largeur de votre biface, votre outil de base, de 2 cm à 5 cm, ça oui, on peut pas dire que vous étiez des rapides !!! » |
« Gary, je m’honore d’être ton ami ! »
Ce mail reçu il y a un an environ, à l’occasion d’un duplex organisé par Europe 1, entre des membres de mon réseau à Paris, des auditeurs, et Ottawa ou réside Pierre Levy, m’a fait drôlement chaud au cœur. Surtout venant de la part d’un chercheur français international – je dirai presque universel et je pèse mes mots – adressé au président d’une modeste association comme la mienne.
Pierre Lévy est méditerranéen, mais quand même ! Depuis une bonne dizaine d’années maintenant à l’université d’Ottawa, il collabore avec plus d’une centaine de chercheurs du monde entier, à finaliser un métalangage dont il est l’inventeur, l’IEML (Information Economy Meta Language), autrement dit un langage logique qui permet le calcul, la comparaison et la mise en relation des actions effectuées et informations détenues par des intelligences collectives. Ce nouveau langage qui n’est pas totalement un langage informatique, mais un langage de communication, sera un jour prochain utilisé non seulement par les associations, les organismes, les groupements industriels et toutes les communautés diverses, mais mis également à la disposition d’un simple utilisateur d’internet, comme vous et moi à travers un moteur de recherche personnel adapté aux besoins d'une intelligence collective, qui non seulement vous délivrera des informations à la même vitesse que les moteurs de recherches actuels, mais dans l’ordre où vous souhaiteriez les obtenir et non dans l’ordre que le dit moteur, aura lui-même décidé. Google et Bing n’ont qu’à bien se tenir… ! :) Ceux d’entre vous qui souhaitent en savoir plus peuvent prendre connaissance de ma news letter en ligne et de la pleine page que « Le MONDE » a consacrée à Pierre Lévy
(http://www.dixiemefamille.com/php/public/presse-articles.php?id=65)en novembre 2007.
L’université d’Ottawa a créé exprès pour lui une chaire d’intelligence collective – encore un chercheur que nos gentils politiques français englués dans leurs interminables querelles n’ont pas été capables de retenir – et Pierre m’a fait la joie, après quelques années de correspondances, de s’intéresser à mes modestes travaux. En particulier sur notre façon de concevoir le partage de savoirs, que nos familles-ressources souhaitent mettre à la disposition des 10eme familles quand elles s’inscrivent sur notre site.
Un premier « workshop » réunissant une partie de ces chercheurs été organisé à l’université de MTL à l’automne 2007 où j’ai eu le plaisir d’y participer avec mon équipe.
Avant de tomber dans le pathos, un dernier mot sur la générosité de Monsieur Lévy. Je rappelle que lorsque les politiques et les chercheurs parisiens du-6eme-avec-vue-sur-le-parc-du-Luxembourg venaient en 2004 s’informer sur l’ambiance du Val fourré comme on va visiter un zoo en me demandant de les piloter, j’apprenais par la suite leur « pugnacité », leur » courage » et leur vision de l’énorme problème des jeunes dits de banlieue, à l’occasion de la sortie de leur Xème bouquin. Où l’existence même de notre association avait été totalement ignorée. Seul Pierre Lévy a pris la peine de répondre attentivement à mon projet et de m‘y encourager pendant des années et des années avec les mots qu’il fallait.
Merci Pierre !